“Les individus vulnérabilisés ont aussi des droits”

“Alors que pauvreté, précarité et exclusion ne font que croître, les personnes dites vulnérables constituent aujourd’hui une population d’une grande diversité. Qui sont-elles ? Quels sont les dispositifs spécifiques de prise en charge qui les concernent ?

Personnes vulnérables

Les Personnes Âgées

Personnes âgées

Le vieillissement de population s’accélère fortement à l’échelle planétaire. La Polynésie Française, comme d’autres pays développés, n’échappe pas à cette tendance et connaît aujourd’hui un vieillissement de sa population qui est bien plus rapide que dans le passé. Cette tendance démographique engendre de nouvelles problématiques, en matière de santé et aussi d’hébergement spécialisé.

Des solutions doivent être mises en œuvre pour répondre au mieux à cette mutation démographique.


En Polynésie, la proportion des personnes de plus de 60 ans va doubler d’ici 2027

La population de Polynésie connait un allongement de la durée de vie. A Tahiti et dans les îles, l’espérance de vie moyenne à la naissance est passée de 69,6 ans en 1995 à 75,6 ans en 2010.

Aujourd’hui un polynésien sur dix est âgé de plus de 60 ans (22 390 personnes), et selon les prévisions de l’ISPF : ce sera un sur six en 2027 (54 877 personnes).

Le nombre de sexagénaire en situation de dépendance est en forte croissance et nécessite la mise en place de solutions d’hébergement et d’accompagnement adaptées, médicalisées ou spécialisées.


Organiser cette nouvelle transition démographique

Le CESC a rédigé un rapport intitulé “Les personnes âgées en Polynésie Française” présentant le contexte actuel et des propositions pour relever ce défi majeur pour notre société actuelle. Ce rapport a été adopté à l’unanimité des 27 membres présents le 23 août 2011.

Il est constaté que des améliorations restent à faire pour la prise en charge des séniors et des risques pour leur santé. Les actions doivent être mieux coordonnées et un meilleur suivi permettra d’évaluer les différents niveaux de prises en charge des sexagénaires selon leur degré d’autonomie

Les principales recommandations concernent la mise en place d’études spécifiques pour apporter des réponses mieux adaptées aux besoins médicaux et sociaux des séniors.

Il est également préconisé la mise en place de mesures pour la prévention, l’accompagnement, les soins et l’hébergement des personnes âgées en Polynésie en aidant l’action des acteurs, partenaires et structures existants dans ce secteur.


Les solutions d’accueil en structure ou à domicile 

Il y a en Polynésie Française plusieurs catégories de structure d’accueil pour les personnes âgées de 60 ans et plus :

Maison de retraite : un mode d’hébergement collectif comprenant des équipements, des services et des prestations médico-sociales, et qui est un service public du pays. Par exemple, le Fare Matahiapo situé à Taravao.

Service de soins de longue durée : un service médicalisé accueillant des personnes dépendantes et grabataires. Par exemple, le Long séjour de l’hôpital de Taravao, qui est un service de santé public.

Foyer d’hébergement associatif : mode d’hébergement avec équipements et services collectifs. Par exemple, l’association Si Ni Tong à Papeete.

Familles d’accueil : mode d’hébergement de type familial avec des conditions d’accueil contrôlées. Les familles d’accueils sont gérées par la DAS ou la CPS.

Maisons d’accueil et unités de vie : mode d’hébergement collectif, comprenant des équipements et services, et qui sont des structures privées, ne définissant pas forcément de critères d’âge pour l’accueil.

A noter également que pour les personnes âgées de 60 ans et plus qui ne touche pas de pension de retraite : une allocation peut leur être attribuée (ASPA : Allocation de Solidarité aux personnes âgées) sous certaines conditions, plus d’informations sur le site de la CPS.

Les Personnes Handicapées

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Les enfants et adultes en situation d’handicap, ainsi que leur famille doivent faire face à de nombreux problème d’accessibilité, de transports, de scolarité et d’emplois. Des services publics existent pour leur venir en aide et aussi une fédération regroupant tous les acteurs associatifs de Polynésie Française dans le domaine du handicap.


La Commission Territoriale de l’Education Spéciale (CTES)

La CTES, créée en 1983, prend en charge les enfants handicapés jusqu’à l’âge de vingt ans. La famille doit saisir par écrit la CTES pour une première étude de reconnaissance d’handicap.

La CTES décide de l’orientation scolaire de l’enfant handicapé dans un centre spécialisé ou de son maintien dans le cursus classique avec un projet adapté à sa situation. La CTES attribue également les allocations pour les enfants handicapés.

Vous pouvez contacter la CTES par téléphone au 40 46 27 14, par email : ctes@education.pf

Adresse géographique : Locaux de l’ancienne école normale à Pirae (route de l’hippodrome)


La Commission Technique d’Orientation et de Reclassement Professionnel (COTOREP)

La COTOREP est un service public créé en 1982 qui est aujourd’hui placé sous la responsabilité la Direction des Affaires Sociales (DAS). Elle s’occupe principalement de l’insertion professionnelle des adultes handicapés et de leur insertion sociale. Elle attribue également les aides et allocations.

La COTOREP effectue une reconnaissance d’aptitude au travail selon la catégorie de handicap de la personne.

Catégorie A : handicap professionnel léger ou temporaire, adaptation satisfaisante au travail pour une durée maximale de deux ans.

Catégorie B : handicap professionnel modéré et durable, limitation permanente de l’adaptation professionnelle ou nécessitant éventuellement un aménagement du poste de travail pour une durée maximale de cinq ans.

Catégorie C : handicap professionnel grave et définitif ou nécessitant un aménagement important du poste de travail pour une durée maximale de cinq ans.

Vous pouvez contacter la COTOREP par téléphone au 40 46 58 40, par email : das.cotorep@solidarite.gov.pf

Adresse géographique : Direction des affaires sociales – Avenue du Prince Hinoï – Immeuble Te Hotu (Rez-de-chaussée)


Les aides

Plusieurs allocations peuvent être versées par la CPS et sur décision de la CTES et de la COTOREP.

Les informations suivantes sont données à titre indicatif, l’attribution de certaines aides étant soumise à certaines conditions : il est recommandé de se renseigner plus en détails auprès de la CPS.

Les enfants de moins de vingt ans bénéficient d’une Allocation Spéciale aux Handicapés (ASH). Le montant de cette allocation est fixé à 36.000 Fcfp par mois. Une Allocation Compensatrice de Perte d’Autonomie (AC1 et AC2) peut aussi être accordée, et varie de 11 000 Fcfp à 24 000 Fcfp selon les besoins pour la prise en charge du bénéficiaire, et le régime CPS de la famille.


Les adultes de plus de vingt ans peuvent bénéficier de plusieurs aides sous condition de ressources.

– L’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH)

– L’Allocation Complémentaire de Ressource (ACR)

– L’Allocation Compensatrice de Perte d’Autonomie (AC1 et AC2) dont le montant est fixé selon les besoins de la personne


La Fédération TE NIU O TE HUMA

La Fédération TE NIU O TE HUMA, reconnue d’intérêt général en 2009, regroupe des associations œuvrant dans le domaine du handicap, et accompagne au quotidien les personnes handicapées et leur famille.

Elle est :

– un espace de travail et de réflexion proposé tant aux associations qu’aux personnes sensibilisées à ce domaine ;

– un point de convergence qui assure la confrontation des problèmes que peuvent rencontrer les personnes handicapées, leurs familles, leurs amis ;

– un observatoire qui permet une meilleure connaissance des situations ;

– une plate-forme pour la réalisation de projets spécifiques ;

– un porte-parole dans la défense au quotidien des intérêts des personnes handicapées.

Tous les deux ans la Fédération édite un guide “HANDICAPS” qui répertorie l‘ensemble des acteurs œuvrant dans le secteur social.

Vous pouvez contacter TE NIU O TE HUMA par téléphone au 40 819 819 et au 89 43 30 62, par email : teniuotehuma@mail.pf

Site internet : http://handicap-polynesie.com/

Adresse géographique : cour intérieure du bâtiment du Service des Affaire Economiques, Fare Ute, Papeete.

Les drogues et addictions

La Polynésie bien qu’isolée dans l’océan pacifique n’est pas épargnée par les problèmes de drogues et de dépendances. La consommation de tabac, d’alcool et de cannabis (paka) est fortement répandue, de plus en plus chez les jeunes, et de plus en plus tôt, selon l’étude “les conduites addictives des adolescents polynésiens” (enquête Ecaap 2009).


Le Centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie (CCSAT)

Le CCSAT, créé en 1984 à la Direction de la Santé, sous la tutelle du Ministère de la Santé, est le seul service spécialisé en addictologie de la Polynésie française.

Deux médecins, trois psychologues, et deux infirmiers assurent un accompagnement et des soins spécialisés en ambulatoire gratuits et anonymes à toutes les personnes, adolescentes ou adultes et leur entourage, qui sont confrontées à une ou plusieurs addictions (avec ou sans produits).

Le CCSAT lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie sous toutes leurs formes, et utilise ses moyens pour :

– développer la prévention par l’éducation et l’information de la population dans toute la Polynésie,
– prendre en charge des soins médicaux et psychologiques adaptée pour les patients,
– suivre les patients suite à leurs soins et traitements,
– aider la réinsertion sociale et professionnelle.

A noter que le CCSAT accueille un public souvent jeune puisque la moitié des patients pris en charge ont moins de 20 ans, et ont des niveaux de consommations diverses allant de l’usage à risque à la dépendance.


Les drogues et addictions

Le centre apporte son aide pour les addictions les plus répandues comme l’alcool, le tabac, la paka, mais aussi pour d’autres drogues moins répandues mais très dévastatrices comme l’Ice, l’ecstasy, le GHB, l’héroïne, la cocaïne, les solvants, le poppers.

Son action concerne toutes les drogues et substances addictives comme le Kava (racine du poivrier sauvage), mais aussi les addictions dites “sans substances” comme la cyberaddiction (dépendance à internet), l’abus d’écrans numériques, et même les jeux d’argent.

L’équipe du service est soumis au secret médical, et ne divulgue aucune information à la justice : leur objectif est l’aide aux personnes dépendantes d’une addiction, quelle qu’elle soit, avec ou sans substance.


S’informer pour soi ou pour les autres

L’équipe du CCSAT est à votre écoute du lundi au jeudi de 7h30 à 15h30 et vendredi de 7h30 à 14h30, dans les locaux du service à la Direction de la Santé, rue des Poilus Tahitiens, sur rendez-vous .

Vous pouvez contacter le centre par téléphone au  40460067, par email :  sat@sante.gov.pf

Consultez aussi le site internet :  http://www.drogue-polynesie.com/  et la page Facebook :  https://www.facebook.com/Drogues.et.Addictions.Polynesie

Le suicide

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Le suicide est l’acte délibéré de mettre fin à sa propre vie, et est souvent commis par désespoir. Il concerne surtout la jeunesse polynésienne où le taux de suicide est le plus élevé.


Première cause de mortalité chez les jeunes en Polynésie

D’après les statistiques de plusieurs services publiques, il y aurait une trentaine de suicide par an, dont la majorité dans la tranche des 15 – 24 ans, dépassant les décès par accident de la route dans cette tranche d’âge. On recenserait également environ 200 tentatives de suicide par an qui sont suivies d’une hospitalisation.

Il est difficile de comptabiliser des chiffres exacts, toutes les tentatives n’aboutissent pas, mais le problème du suicide concerne principalement les adolescents et les jeunes adultes.

Les causes de ces morts tragiquement volontaires sont complexes. L’adolescence est une période intense de changements social, familial, physique et affectif. Certains adolescents vont vivre ces années sans grand problème, tandis que pour d’autres, la traversée sera plus difficile.


Une ligne de crise 

L’Association SOS Suicide créée en 2001 lutte inlassablement pour faire baisser le taux de suicide en Polynésie. Le président et fondateur le docteur Stéphane Amadéo préconise le dialogue et l’écoute, qui peut permettre de désamorcer les passages à l’acte.

En 2008, l’association SOS Suicide a ouvert une ligne verte, le 444 767 permettant à toute personne de parler, de signaler une tentative, des soupçons ou des inquiétudes. La structure est soutenue financièrement par le Pays dans le cadre des programmes élaborés par Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Pour une personne en détresse, en parler au téléphone avec un anonyme peut éviter le passage à l’acte. “Le suicide : en parler c’est déjà ne plus être seul”.

En plus d’actions directes auprès des personnes à tendance suicidaire avec du soutien et de l’accompagnement, l’association agit  pour la prévention, la réflexion, la formation et la sensibilisation dans toute la Polynésie.

En 2012, l’association SOS Suicide a ouvert au dispensaire de Punaauia un Centre de Prévention qui apporte son soutien à toutes personnes en souffrance suicidaire et à leurs proches. Depuis début 2016, le centre a mis en place un accueil gratuit par un psychologue clinicien et coach certifié.


La prévention, être à l’écoute

En général, les jeunes ou une personne en souffrance suicidaire donnent toujours des signes, même faibles, mais ils le montrent malgré tout.

Eviter de se moquer ou de moraliser, prendre la personne en souffrance au sérieux, et tout simplement être à son écoute peut parfois désamorcer le passage à l’acte. C’est l’affaire de tous. Chacun de nous peut être amené à agir dans son entourage auprès d’un parent, d’un ami, d’un collègue, d’un voisin, etc.

La ligne de crise de l’association SOS Suicide est ouverte 24 h/24 et 7j/7. Cette permanence téléphonique est assurée par des bénévoles. L’appel vers le numéro vert est gratuit depuis un poste fixe au 444 767. Il est aussi possible d’appeler le portable de l’association au 87 20 25 23 ou adresser un SMS pour se faire rappeler dans la foulée. Egalement à disposition, le site Internet : www.sossuicide.pf et encore la page Facebook : Solidaire à SOS Suicide (Polynésie Française)