“Une famille harmonieuse construit une société solide”

“Les familles sont le premier cercle par lequel nous apprenons le monde, il doit être un lieu propice au partage,

à l’amour, à l’apprentissage pour bâtir la société de demain.”

Heimata Tang-Leon-On, Cheffe de la DFCF

Politique familiale

Visuel illustrant la famille DFCF

Les assises de la famille

Ces dernières années, la Polynésie Française a été de façon permanente le théâtre de faits particulièrement bouleversants pour l’opinion publique: rixes, bagarres mortelles, violences gratuites, homicides conjugaux, violences sur mineurs…

S’il est un constat qui s’impose, c’est que l’évolution de la société a conduit les familles polynésiennes à modifier leur mode de vie en faveur d’une individualisation, en opposition avec le mode de vie traditionnel structuré autour d’une communauté homogène. L’ouverture de la sociéte vers de nouveaux modes de consommation a modifié les besoins des familles, changé les rapports sociaux et l’échelle des valeurs. D’une société rurale d’autosubsistance, nous voici entrés dans une société de consommation où le salariat prend une place de plus en plus importante pour produire des richesses.

De nombreuses familles, du fait de la dégradation de la situation économique, sont aujourd’hui en situation de pauvreté monétaire entraînant des difficultés à satisfaire les besoins fondamentaux. Depuis 2008, le nombre de ressortissants du RSPF a considérablement augmenté (+35%), au détriment des salariés (-2,65%), des non-salariés (-10%) et des affiliés à la sécurité sociale (-2%).

De surcroît, en Polynésie Française, comme ailleurs, les familles sont traversées par de profondes mutations : baisse de la natalité, travail des femmes, exode des îles éloignées vers Tahiti, influence des médias et des réseaux sociaux. On observe également une diminution du nombre de mariages, une instabilité conjugale impliquant des défaillances dans l’exercice de la fonction parentale, le développement des familles monoparentales, les recompositions familiales mais aussi un isolement social, une plus grande fréquence des jeunes familles nucléaires qui vivent loin du monde de famille élargie. Ces modifications engendrent de nouvelles compositions familiales, une nouvelle représentation de l’autorité parentale, une nouvelle place de l’enfant dans la famille.

Surviennent alors d’autres phénomènes, tout aussi préoccupants, qui vont freiner davantage les possibilités d’autonomisation des familles : comportements  à risques (surconsommation d’alcool et de drogues, sexualité non protégée…), décrochage et échec scolaire, violences intrafamiliales.
La famille est le lieu privilégié où se transmettent les valeurs, la notion de bien et de mal, la conception des rapports sociaux : son équilibre participe fortement à l’autonomie et au bien-être des enfants, des hommes et des femmes.
L’actualité du fenua et les faits de violence dont il est souvent fait état nous permettent aujourd’hui de considérer que beaucoup de familles polynésiennes sont en situation d’impuissance, d’agressivité ou même de désespoir. Déscolarisation précoce, rupture des liens familiaux, carences affectives et éducatives, défaut de soins sont souvent des traits communs aux enfants et adolescents en difficultés, mais aussi aux auteurs de violences en général. Une fois transmis entre générations, ces modes de fonctionnement et de communication se reproduisent au sein de la famille mais aussi au sein de la société. Si les dispositifs de prise en charge et d’accompagnement (assurés par la Direction des Affaires Sociales (DAS), le service social de la Caisse de Prévoyance Sociale (CPS), le Fare Tama Hau, les établissements d’accueil et d’hébergement, l’office polynésien de l’habitat (OP), les services de la santé, les associations et bien d’autres partenaires) permettent de répondre aux difficultés sociales les plus criantes, ils sont loin d’être suffisants pour parvenir à une plus grande cohésion sociale.

Les familles polynésiennes ont également besoin de repères, de modèles de comportements adaptés à la modification profonde que connaît notre société. Pour répondre à ce besoin, la Polynésie française devra initier une politique forte et innovante, de nature à créer les conditions d’un environnement favorable permettant à chaque famille de réaliser durablement son projet de vie. Cette action publique ne pourra être déterminée qu’avec l’ensemble des forces vives du Pays.

 

A voir ou à télécharger: Le plan d’actions 2016

plan-daction-familles-2016


A voir ou à télécharger: le Bilan 2008

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